« Livre enrichi »

Supposons qu’il faille simuler un projet éditorial de livre enrichi.

De quoi parle-t-on ? Audio-vidéo, animations pour expliquer un phénomène, site compagnon, EPUB3.. ou, dit autrement : un fichier qui ne comporte pas que du texte, ou bien un fichier qui renvoie hypertextuellement à un site web ? Un codex (papier + encre + reliure) qui est livré avec une clé d’accès à un site web, naguère un CD-Rom ?

A ce stade (2013-11-08), ceci sur le clavier de Marc Jahjah est un excellent point de départ qui n’a pas pris une ride en 3 ans :

(…) le « livre enrichi » correspond pour moi à plusieurs choses très complexes : le texte pensé à partir d’un support-livre, qui en détermine l’esprit; le texte pensé à partir d’un support-tablette, qui en détermine à son tour l’esprit. Dans tous les cas, ce qui détermine l’appellation »livre enrichi » n’est pas une certaine présence de texte en soi, mais bien la présence qu’on a voulu lui donner, compte tenu d’un but (un esprit) cherché et d’étapes de création aux temps variés.

(…). Le « livre social » recouvre une temporalité bien plus diluée. Ce sont des fonctions sociales qui permettent, par exemple, d’annoter un livre, de souligner des passages, et de les partager. De plus en plus, ces annotations/commentaires influent sur la marche du livre : d’abord sur sa réception, ensuite dans les modifications que les auteurs apportent à un texte « de base ». Ici, il faudrait distinguer les auteurs qui prennent en compte ces commentaires et les autres…Dans le cas d’un poème par exemple, c’est beaucoup plus problématique : chaque mot recouvre une réalité, a une matière propre. Le déplacer, c’est modifier l’organisation même et l’esprit du texte. Par contre, dans le cas d’un essai, c’est le message qui prime sur la matière sonore, vivante du mot…On comprend donc que les modifications soient possibles. Certes, les essayistes l’ont toujours fait, de rééditions en rééditions. Là, ce qui change, c’est encore une fois la temporalité, l’actualisation en temps réel et la difficulté à repérer des étapes de changements.

(…). Le « livre enrichi de base » (le texte puis les objets), c’est par exemple ce que fait le studio Walrus, à partir du format ePub ou d’application à la conception simple; le « livre enrichi social », c’est ce que permettent les applications (type Kobo) et les navigateurs (le texte et des fonctions à la périphérie, qui influe a posteriori sur la marche du texte); le « livre enrichi multimedia », c’est du HTML5 ou du Flash, soit adapté comme un livre au cinéma (on a un nouveau genre ici, un nouvel objet), d’un livre ancien (Alice, Dracula) ou contemporain, soit créé conjointement (il y a simultanéité des actions, l’auteur travaille avec des équipes de développeurs/graphistes).

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